23 octobre 2006
CONTE à rebours
Si la vie est une absence à retardement
L’amour un conte à rebours
Comment ne pas trouver futile chaque signe tracé avec orgueil
Sur la page blanche de nos consciences ?
Mon cerveau objet est devenu con.
Lui, si vif autrefois, capable d’embraser le monde d’un éclair s’est recroquevillé sur lui-même.
Abîmé par l’alcool, la drogue, la paresse, la passion amoureuse et l'idéalisme crétin des jeunes gens.
J’écris. Mais la sensation n’est plus la même.
Toujours ces même phrases et mots reviennent,
Insupportables tautologies qui désignent ces limites qu'hier j’ignorais encore.
J’ai bien fait le malin.
Ma grossière certitude, mon insupportable vanité s’affichaient en lettres de feux.
Une simple larme de pierrot la lune a suffit pour les éteindre.
Un pierrot lunaire poignardé au coin de la rue.
Je fais moins le malin.
Bien sur, il me reste une grille pour décrypter ce plan d’existence.
L’instinct soigneusement programmé pour débusquer le talent et la connerie humaine
Où qu’ils se trouvent,
C'est à dire à peu près partout.
Une gentillesse made in heaven qui exauce mes désirs, mes souhaits les plus obscurs.
Un don, je suppose, que je ne cherche surtout pas à comprendre.
Je sais la fragilité de tout, y compris de notre capacité à rêver.
Etre heureux passe par la lucidité.
Mais la lucidité nomme cette stricte vérité :
La vie est une absence à retardement, l’amour son conte à rebours.
Alors quoi ?
Alors rien.
Nous sommes des passagers clandestins.
Dans la cale on s’accroche, on tente de survivre, on rêve de terre promise;
On ignore qu’à l’arrivée, c’est l’esclavage qui nous attend.
Alors quoi ?
Sourire, peut-être.
A l’espérance neuve qu’il nous appartient de semer dans le fumier du réel.
La nature, notre mère, est une putain froide.
Prête à vendre un enfant pour un autre,
Puis cet autre pour un autre,
Jusqu’à la fin des temps.
Peut être notre avenir est-il contre nature,
Plus encore que nous ne le sommes déjà ?
Qui peut le dire ? Pas moi.
Funambule commun et Christ de bazar,
Sur ma corde raide,
Je reste là, les bras écartés,
A prier que le vent ne souffle pas trot fort.
Je fais moins le malin…
Commentaires
J'ai lu et relu, ...
ça fait du bien de savoir que je ne suis pas seule à érer dans mes pourquois.
Merci pour ce post sublime.
merci
Yes! il est revenu, et en force :) !
j'ai beaucoup aimé ce petit texte...
J'ajoute simplement que je pense le contraire de "Etre heureux passe par la lucidité." Etre lucide, c'est forcément être un peu malheureux parce que voir ce qu'il se passe autour de nous comme cela se passe et non comme cela devrait se passer, on ne peut pas dire que ça force le bonheur ;)
Peut être as tu raison, car on ne peut nier que l'ignorance préserve de l'angoisse : on ne souffre pas de ce que l'on ignore... Néanmoins, il me semble, aussi, que la lucidité c'est savoir la fragilité des jolies émotions et rencontres, et donc leur valeur ? Enfin bon, on fait comme on peut, hein !...
merci des tes encouragements Syco
Réhabilitation ce matin salvatrice de la "lucidité" , que je considère comme une ennemie ces temps derniers.Merci.
Scuz Dragibus ! j'ai cru que c'était Sycophante (ce doit être l'âge, j'ai la vue qui baisse) : mea culpa !
Thanks Barbarian !
C'est conscient...
Se laisser aller des fois c'est mieux , car à trop penser sa vie , ça fatigue , ça use et on finit de ne plus croire à rien...alors si on se mouve dans le courant , avec le coeur léger , on peut rencontrer des trésors comme des brindilles , c'est la surprise toujours renouvelée...c'est vrai , être conscient c'est reflechir sa vie mais bonjour l'angoisse ...ça me méne à une reflexion , une fois faite à un jeune homme critiquant la relation homme femme dans le monde arabe , il me repond que les femmes sont sont epanouies pas de souci , en faite elles se sentent epanouies car elles ne sont pas conscientes à mon avis...
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